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TEXTES ANCIENS Saint Bernard La médiation de Marie[1] LE CHRIST FONTAINE D'EAU VIVE

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TEXTES ANCIENS Saint Bernard La médiation de Marie[1] LE CHRIST FONTAINE D'EAU VIVE

Message  floraison le Dim 28 Nov - 22:54



La vie spirituelle 1er Octobre 1933 N°169



Quand sera-t-il dit : Mangez, amis, et buvez, eni­vrez-vous, mes bien-aimés[2]? Que les justes se réjouis­sent, dit le Prophète, mais en présence de Dieu[3]. Et Notre-Seigneur de son côté a dit à ses Apôtres : Vous êtes restés avec moi dans mes tentations : aussi je vous prépare un royaume comme mon Père m'en a préparé un, afin que vous mangiez et buviez â ma table[4]. Mais où? En mon royaume, dit Jésus-Christ.





Heureux mille fois celui qui mangera le pain du royaume de Dieu! Que votre nom soit donc sanctifié, ce nom qui vous met en nous, Seigneur, et vous fait habi­ter en nos coeurs par la foi, puisque votre nom a déjà été invoqué sur nous ! Oui, que votre règne arrive ! Vienne enfin le règne parfait, et que l'imparfait disparaisse. Vous avez, dit l'Apôtre, votre fruit dans la sanctification, et la fin c'est la vie éternelle[5]; la vie éternelle, cette fontaine inépuisable dont les eaux arrosent tout le para­dis.

Elle n'arrose pas seulement, elle enivre, cette fontaine des jardins; c'est le puits des eaux vives qui se précipi­tent de la cime du Liban; c'est un fleuve impétueux qui réjouit la cité de Dieu.

Mais quelle est cette eau vive sinon le Christ, le Sei­gneur? Lorsque le Christ paraîtra, dit saint Paul, le Christ votre vie, alors vous paraîtrez avec lui dans la gloire[6]. La plénitude s'est anéantie afin de devenir pour nous justice, sanctification, pardon. Elle ne s'est pas encore montrée vie ou gloire, ou béatitude. La source a été détournée vers nous; ses eaux ont été dirigées sur les places, bien que l'étranger n'y boive pas[7].

Ce filet est venu du ciel par un aqueduc; il n'a pas l'a­bondance de la fontaine, il ne verse que des gouttes de grâce sur nos coeurs desséchés, gouttes plus ou moins nombreuses, selon les personnes. L'aqueduc est plein, afin qu'on puise à sa plénitude, sans y prendre pourtant la plénitude même.





MARIE AUX SOURCES DE LA GRACE





Vous connaissez, si je ne me trompe, quel est l'aqueduc dont je parle qui, prenant au coeur du Père la plénitude de la fontaine, l'a amenée jusqu'à nous, sinon tout entière, du moins dans la mesure où nous pouvions la recevoir; car vous savez à qui il a été dit : Je vous salue, pleine de grâce.

Faut-il nous étonner qu'on ait pu trouver les élé­ments d'un aqueduc pareil, si haut que l'extrémité supérieure, semblable à l'échelle vue par le patriarche Jacob, touche au ciel[8], que dis-je? le dépasse, et arrive jusqu'à cette source des eaux vives placée par delà les cieux? Salomon s'en étonnait, et, avec l'accent d'un homme qui désespère, il disait : Qui trouvera la femme forte?[9] Si durant tant de siècles les eaux de la grâce manquèrent au genre humain, la cause en était dans l'absence de ce précieux aqueduc dont nous parlons. On l'a attendu longtemps; n'en soyons pas surpris : rappe­lez-vous combien d'années Noé, un homme juste, a con­sacrées à la fabrication de l'arche, destinée à sauver seu­lement un petit nombre de personnes, huit, et encore pour un temps bien court.

Mais comment notre aqueduc a-t-il pu atteindre jus­qu'à cette source placée si haut? Comment, je vous prie, sinon par la véhémence de ses désirs, la ferveur de sa dévotion, la pureté de sa prière? Il est écrit en effet : La prière du juste pénètre les cieux[10]. Et qui donc est juste si Marie ne l'est pas, elle, de laquelle est sorti pour nous éclairer le Soleil de justice? Comment a-t-elle atteint cette majesté inaccessible, sinon en frappant, en sollici­tant, en cherchant?

Et elle a trouvé l'objet de ses recherches, puisqu'il lui fut dit : Vous avez trouvé grâce devant le Seigneur[11]. Eh quoi! Elle est pleine de grâce, et elle trouve grâce. Ah ! elle mérite de trouver ce qu'elle cherche, elle à qui ne suffit pas sa propre plénitude, qui ne se contente pas de son bien personnel. Mais comme il est écrit: Celui qui me boit aura encore soif[12], Marie demande que la source déborde pour le salut de tous. L'Esprit-Saint, dit l'Ange, surviendra en vous : ce baume précieux coulera sur vous avec une telle abondance, et une si riche plénitude, qu'il débordera de toutes parts autour de vous. Il en est ainsi; déjà nous le sentons, déjà l'huile réjouit nos visa­ges, déjà nous crions : Votre nom est une huile répan­due, et votre souvenir s'étend de génération en généra­tion. [...]





LA PLÉNITUDE DE NOS BIENS EN MARIE





Considère, ô homme ! le plan de Dieu, et reconnais-y un dessein plein de sagesse et de bonté. Avant de couvrir l'aire de la rosée céleste, il commence par en remplir la toison. Voulant racheter tout le genre humain il met toute la rançon en Marie. Pourquoi cela? peut-être afin d'excuser Ève par sa fille, et d'apaiser désormais toutes les plaintes de l'homme par la femme. 0 Adam, désor­mais ne dis plus : La femme que vous m'avez donnée m'a présenté du fruit défendu ; dis plutôt : la femme que vous m'avez donnée m'a nourri d'un fruit béni. Quel conseil plein de bonté !...

Considérons plus attentivement encore de quelle affec­tion Dieu a voulu que nous honorions Marie en qui il a placé la plénitude de tous les biens; afin que tout ce que nous avons d'espoir de grâce, de salut, nous le rappor­tions à celle qui s'est élevée de cette terre au ciel, au milieu des délices.

C'est un jardin de délices sur lequel n'est pas venu une fois seulement le souffle du divin midi; il y est survenu, il y a soufflé encore, afin d'en faire couler et couler encore les parfums; c'est-à-dire toutes les richesses de la grâce. Otez ce corps lumineux qui éclaire le monde; où est le jour? Otez Marie, cette étoile de la mer, de cette grande et vaste mer, que reste-t-il que la nuit, l'ombre de la mort, les plus épaisses ténèbres?





LA MÉDIATRICE DU MÉDIATEUR





Vénérons donc Marie de toute la tendresse de nos coeurs, de toute notre puissance d'affection, de tous nos voeux; car telle est la volonté de celui qui a voulu que nous ayons tolet par Marie. Telle est, dis-je, sa volonté; mais elle n'a d'autre but que notre intérêt.

Sa bonté vient dans toutes les rencontres et par tous les moyens en aide à nos misères : elle console nos craintes, elle réveille notre foi, elle fortifie l'espérance, elle chasse la défiance, elle relève l'abattement.

Vous craigniez d'approcher du Père; en l'entendant seulement vous trembliez d'effroi; vous fuyiez dans l'ombre du feuillage; il vous a donné Jésus pour médiateur. Un tel fils que n'obtiendra-t-il pas d'un tel Père? Il se verra exaucé à cause du respect qui lui est dû, car le Père aime le Fils.

Tremblez-vous aussi devant Lui? C'est votre frère, votre chair, il a été éprouvé en tout, à l'exception toute­fois du péché, afin de devenir miséricordieux. Ce frère, c'est Marie qui vous l'a donné. Mais peut-être qu'en lui vous redoutez la majesté divine, car encore qu'il se soit fait homme, il reste Dieu. Voulez-vous un avocat aussi entre vous et lui? Recourez à Marie : en Marie il n'y a que l'humanité pure, pure non seulement parce qu'elle est sans tache, mais parce qu'en elle il n'y a qu'une nature unique. Je le dis sans hésiter, elle aussi sera exaucée à cause du respect qui lui est dû. Le Fils exau­cera sa Mère, et le Père son Fils.

Mes petits enfants, voici l'échelle des pécheurs, voici mon plus grand espoir, voici tout le fondement de ma confiance, car enfin le Fils peut-il repousser ou endurer , un refus, ne pas écouter ou n'être pas écouté? Assuré­ment non ! Vous avez trouvé, dit l'Ange, grâce auprès de Dieu. Heureusement, Marie trouvera donc toujours grâce, et nous n'avons besoin que de la grâce. Cette Vierge prudente n'a pas cherché, comme Salomon, sagesse, richesses, honneurs, mais uniquement la grâce. Car c'est à la grâce seule que nous devons notre salut.

Et nous, mes frères, pourquoi souhaitons-nous autre chose? Ah ! cherchons la grâce et cherchons-la par Marie; parce que ce qu'elle cherche elle le trouve infaillible­ment.



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[1] Sermon pour la Nativité de Marie, Extraits. Oeuvres de saint Bernard traduites par M. Armand Ravelet, t. IV, pp. 64-66.

[2] Cantique, VI, 1

[3] Ps. LXVII, 4.

[4] Luc, XXII, 18, 30

[5] Rom., VI, 22

[6] Coloss., III, 4

[7] Prov., v, 16, 17

[8] Gen., XXVIII, 12.

[9] Prov., XXXI, 10

[10] Eccli., XXXV, 21.

[11] Luc, I, 30

[12] Eccli., XXIV. 29

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