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Sobriété heureuse Notes sur la visite de Pierre Rabhi à Karma Ling -18 août 2007 Lama Lhundroup et Bernadette de Sallier

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Sobriété heureuse Notes sur la visite de Pierre Rabhi à Karma Ling -18 août 2007 Lama Lhundroup et Bernadette de Sallier

Message  floraison le Sam 24 Avr - 16:18

De multiples relations se sont tissées
ses dernières années entre des étudiants
et pratiquants du Sangha et les
diverses activités inspirées par Pierre
Rabhi. Il nous a fait l’honneur et la
grande joie de venir partager son expérience
et donner des conseils pour la
réalisation de l’éco-site d’Avalon.
Visionnaire, poète, agrobiologiste et
habile éclaireur des consciences, il
concilie tranquillement, avec une douceur
et une humilité désarmante, la
vision large d’un humanisme universaliste
et un engagement écologiste
des plus exigeant au service de tous.
Pierre Rabhi a accepté d’être le conseiller
de l’éco-site d’Avalon, rôle qu’il joue
auprès d’autre projets du même type en
France et dans le monde.
Ce qui est remarquable dans le message
Pierre est que l’éthique de tout engagement
et action devrait, selon lui, s’incarner
dans tous les aspects du projet. Les
moyens (administratifs, économiques,
les matériaux...) utilisés étant un exemple
de la cohérence et de la viabilité
d’une vision écologique et spirituelle de
santé mentale et planétaire et un contre
exemple du paradigme négationniste de
la modernité. Dans la rencontre publique
avec Rimpoché, il a démontré l’incohérence
du système des techno-sciences
et de sa soi-disant “économie”, sa violence
inouïe et son caractère mortifère.
Auparavant lors
d’une réunion de travail,
réagissant à
notre demande aux
différents aspects
du projet de l’éco-site d’Avalon, il a
insisté sur le lien étroit entre la déconnection
de la nature et celle de la
dimension spirituelle. Selon lui, la rupture
avec le lien sensoriel à la terre est
concomitante avec l’aliénation spirituelle
et en toute logique la redécouverte
de l’un ne va pas sans l’autre.
Constatant le désarroi d’une humanité
“hors sol”, il lui semble qu’à notre époque,
une spiritualité authentique doit
passer par une initiation à la terre (titre
des stages proposés par Terre et
Humanisme). Celle-ci étant à ses yeux
devenue de nos jour un passage incontournable
pour entrer en contact avec le
vivant, la réalité spirituelle/naturelle.
L’auto-alimentation
Le principe philosophique et existentiel
de Pierre Rabhi tourne autour de
“l’auto alimentation” qu’il faut comprendre
à divers niveaux et qui est une
bonne perspective critique, novatrice et
très pertinente de la modernité.
Selon lui l’aliénation du monde
moderne commence par le fait de devenir
dépendant alimentairement et
coupé des racines naturelles. C’est vrai
au niveau individuel dans la perte de
contact avec la terre et l’enfermement
dans une bulle mentale, au niveau social
avec le développement des castes et de
l’exploitation des uns par les autres et
surtout actuellement au niveau des rapports
nord-sud. Les pays dit pauvres
(mais qui ne le sont que par la perversion
de la vision productiviste et sa
sémantique) sont assujettis au système
vampiriste de l’économie de marché en
bonne partie à cause d’une dépendance
alimentaire causée par les modes de
production modernes.
Quelqu’un qui cultive son jardin “naturel
et spirituel” n’a pas peur de perdre,
de manquer....et ne s’en laisse pas
conter. Et Pierre de raconter l’anecdote
des villageois dont il était dans son
enfance en Algérie : ceux-ci répondent
aux employeurs de la mine fondée par
les colons qui s’étonnent que les
ouvriers disparaissent soudainement.
Ce à quoi ils répondent simplement: “je
ne suis pas venu travailler depuis 15
jours parce que je n’avais pas fini de
dépenser l’argent que vous m’avez
donné la dernière fois...”
L’éco-site d’Avalon
Concrètement, Pierre Rabhi perçoit
l’éco-site d’abord comme un domaine
ayant les ressources nécessaires pour
son auto alimentation dans une vision «
agro dynamique » en laquelle tous les
éléments naturels concourent à la vie de
la communauté humaine dans une boucle
biologique : la forêt, les sols, la matière
organique, le jardin avec éventuellement
des serres, des animaux...
Il insiste sur la nécessité de bien définir les
objectifs au départ et les étapes de réalisation
suivant leur finalité : “Au début, c’est
une question d’étude avant d’aller plus loin
dans l’affinement, définir les choses avant
de mettre en route un programme qui chemin
faisant va s’enrichir.” L’idée d’une
ferme ou coopérative à proximité pour alimenter
la communauté et les visiteurs lui
semble bonne mais il insiste sur la nécessité,
à titre d’exemple, que tous les membres
de la communauté participent à divers
degrés (au moins un peu) au travail de la
terre. Il suggère pour cela d’avoir un potager
sur les parcelles les mieux exposées et
de développer une culture saisonnière adaptée
au climat, sur place, qui puisse alimenter
complètement ou pour partie la communauté
résidente.
Le domaine d’Avalon
possède une beauté
naturelle dans un
cadre de verdure et de
forêt environnante
qui sont à préserver. Plusieurs paramètres
sont à prendre en compte : la beauté du lieu
pour sa valorisation, le paramètre économique
dans son développement “qu’il faut
gérer avec rigueur comme une
entreprise…en tenant compte des contraintes
environnementales”, et l’importance de
la dimension animale : “il y a la terre, le
végétal, l’être humain et l’animal, c’est un
tout indissociable du lien de la vie...Ici (en
Avalon), le lait, le fromage, le beurre, les
oeufs, le miel, peuvent justifier cette présence
animale…et l’ajout des litières avec le
fumier animal auxquelles est associé le
broyage des résidus végétaux peuvent fournir
un compost d’excellente qualité pour la
fertilité des sols”.
Bien que le site d’Avalon n’ait pas de vallée
exposée plein sud, il suggère de réguler la
végétation par une ou plusieurs serres
conçues en fonction du rayonnement
solaire, avec des matériaux pouvant stocker
la chaleur de la journée, permettant une
régulation d’énergie entre le jour et la nuit
: “Ceci permettrait d’obtenir une certaine
gamme de produits adaptés à la région ;
d’après mon ressenti, le fruit rouge peut
très bien marcher ici : fraises, framboises,
cassis, groseilles, etc”.
Il conseille aussi la culture des arbres fruitiers
“peu pour le marché, mais plus pour la
transformation : faire des confitures, ce qui
permettrait au lieu une production économique
non négligeable”.
Suivant son expérience écologique, Pierre
Rabhi explique l’importance de développer
une diversité de productions : “comme les
fermes traditionnelles où les secteurs
étaient diversifiés, permettant la relève
lorsqu’un secteur ne donnait pas bien… Il
s’agit de reconstituer dans un éco-site, un
écosystème interactif dans lequel il y a une
large gamme de production qui va de la
ruche au poulailler, du verger, au potager et
à la serre pour les temps plus froid”.
Il désapprouve les transferts excessifs de
nourritures souhaitant que les gens puissent
subvenir à leurs besoins basiques et
fondamentaux : “il ne faudrait échanger
que la rareté”. Sans tomber dans l’excès de
la prétention autarcique, qu’il voit comme
une fermeture à l’autre.
Modération et sobriété
A la question sur le temps nécessaire à
consacrer pour ces cultures, il répond combien
les agriculteurs se sont eux-mêmes
piégés à vouloir une productivité toujours
plus importante, avec en spirale des moyens
de plus en plus lourds, des charges et du travail
de plus en plus contraignants… C’est un
choix de vie qu’il a refusé.
“Dans un éco-site, nous sommes dans la
valorisation des produits de base. Le nécessaire
est suffisant et il faut savoir pratiquer
l’auto-limitation. La modération n’est pas la
décroissance, mais la sobriété heureuse, et
il reste un temps disponible qui permet de
faire d’autres choses. C’est ce que j’ai choisi
et c’est ce qui me permet de faire ce que je
fais avec aujourd’hui.
La sobriété heureuse est un choix de vie et
un art de vivre. Finalement nos besoins se
résument à cinq facteurs : être nourri, avoir
de l’eau potable, être abrité, être vêtu et soigné.
On peut avoir un peu de superflu pour
acheter des livres, écouter de la musique,...
mais si je vis dans l’outrance, c’est l’autre
qui va en souffrir. Je peux considérer que les
besoins de chacun sont pondérables, ceci
peut s’évaluer sur une année ; mais le superflu,
lui est illimité : c’est l’outrance. Et l’outrance
est toujours au détriment de nos
semblables, c’est la loi des vases communicants.
C’est pourquoi mes enseignements
écologiques se sont toujours accompagnés
de notions de modération et de sobriété
entre l’être et l’avoir, comme un art de vivre,
comme une ascèse de sobriété heureuse”.

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